samedi 11 septembre 2021
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Actualités brûlantes et nouvelles fraîches de Marc-Édouard Nabe

C’est un peu gros, Cormary !
par Vie Sublime

Pierre Cormary, victime récurrente de Nabe’s News et de sa propre connerie, a une nouvelle fois cédé à son nabisme paradoxal ! Il a partagé (mal) des stances des Porcs 2 sur Facebook, pour que ses droitiers conspis et contrariés de « potes », intellos au sens mou et flou, s’essuient les pieds sur sa gueule. Même « Docteur Marty » et « Vie Sublime » n’ont pu redresser ce tordu environné par ce qui se fait de pire sur ce réseau… Les voici figés comme des poissons d’un autre âge, pris dans les glaces de leur préhistorique vision de la littérature. Il était temps que quelqu’un s’occupe d’eux. Merci VieSub’ !

« … pas pire scolopendres velus, au fond des Sargasses, que les lecteurs très avertis… bâfreurs d’excréments dialectiques, pris dans les algues, et phrasibules formés polypes, formid ‘messages’… »

Nord, Louis-Ferdinand Céline

Ça partait bien tout ça, putain !… Et puis, pschitt… Pierre Cormary s’est dégonflé. Comme un cachalot en plastoc qu’un môme aurait voulu chevaucher sur l’onde et qui se ramollit au large, défectueux… C’est d’ailleurs le destin de tous les zombies droitards zonant sur Facebook que le Seigneur aurait mieux fait de rappeler comme un mauvais lot dès la naissance. Vite, réparons cet oubli !
     Il y a d’abord eu de premiers posts étonnants, et tout à l’honneur du Gros, sous forme de citations des Porcs 2. Plus maso et vicelard que le naïf de la Commedia, Pierrot s’est risqué, sans cage pour le protéger des requins et autres piranhas, à l’anti-complotisme dans le bassin conspi de Marc Zuckerberg. Quelle plongée ! Profondeurs de conneries…
     Cormary, ça devait le démanger d’être cerné par des assassins divagant sur les vagues du Covid. L’obèse l’a eu mauvaise de constater mois après mois et sans équivoque aucune que tous ses contacts antivax-pass espéraient qu’il crève, et vite, haletant dans son gras, intubé à plat ventre sur deux lits pas moins, pour pouvoir reprendre leurs sales petites affaires, « comme avant » !…
     Alors il s’est lancé. Par tranches entières de son auteur chéri, « le Saint-Simon de son époque » (dixit)… Et il a mangé.
     Ce qui frappe, ce sont les commentaires systématiquement débiles et qui ne regardent que la cuistrerie, l’approximation et la bassesse des cons qui les écrivent. Dès qu’une ligne de Nabe paraît, on y a droit. Un vrai défilé triso avec « Pascal Labeuche » ouvrant le bal, « Serge Rivron » le clôturant, et au milieu toute la bave des « Gabriel Nerciat », « Ely Ivars », « Pierre Mari », « Jean-Paul Wattiaux », « Anna Soror » (en fait « Myriam Hirèche »), tous à citer entre guillemets, pseudo ou non, tant leur existence en dehors de quelques spasmes pixellisés reste à prouver.
     Un instant Big Boy a tenu la barre (énergétique ?) face à ce quarteron de littéraires en chambre, voire de chambrée car que dire d’autre de ces railleurs marinant dans le jus de chaussette et une connivence d’internat, pour qui Nabe est le bizut ?
     Le Gros s’est défendu comme il a pu, il s’est rebiffé, re-beefé même ! soutenu par « Carnif Low » (un dessinateur connu de chez nous), encouragé par « Docteur Marty », guidé en coulisse par « Vie Sublime »… Ah ! il doit encore les sentir nos mamours, frémir en sérénade, la rejouer tant et tant, là, dans le noir, croyant atteindre la blue note comme Nabe sur sa photo Twitter… Pauvre puceau !
     La mission de sauvetage ne pouvait que caguer. De post en post, forcément, c’était à qui ferait la plus odorante praline… Comme tout cachalot qui ne se respecte pas, Cormary se coltine un trop grand nombre de parasites pour qu’une opération de secours aboutisse.
     Parmi eux, le plus virulent et tenace est une lamproie du nom de Gabriel Nerciat, facilement reconnaissable à sa bouche en forme de pommeau de douche, ventouse munie de petites dents disposées en cercles concentriques qui lui permet de s’attacher et de se nourrir de la peau même du Gros…
     Nerciat c’est simple, c’est le fils de pute en chef. Une génération spontanée à lui tout seul de vermine et de moisi, proliférant où le vide a ses habitudes… Plus contagieux que la teigne, d’une mauvaise foi à faire rougir Cicéron, Nerciat semble n’avoir qu’un seul objectif : s’humilier un maximum avant l’Enfer.
     Il faut le voir, ce vicieux au cœur voilé comme une roue, dont l’esprit pointillagineux boite à chaque lettre, discuter le moindre paragraphe de Nabe. Avec ce langage si détestable de sous-Voltaire formaliste, bourrelé de vices rentrés, de poltronnerie arrogante et sournoise… Qu’a-t-il à dire ? Rien. Il est pro-Raoult, comme tout le monde.
     Ainsi chaque jour une confrérie de couilles molles, « intellos » putois, pitoyables raisonneurs donne séance. Tous se sont trouvés sur Facebook il y a longtemps, aussi critiques qu’addicts d’un réseau qui les regarde mourir. Le monde marche ! Pourquoi ne tournerait-il pas en rond ?… Ensemble, les éternels studieux consanguinent pour se prouver à eux-mêmes qu’ils sont bien les victimes non moins que le suprême honneur du monde moderne.
     Au fil des fils Facebook, on chercherait pourtant en vain une seule observation sur les qualités formelles, la structure ou la composition des Porcs 2, 1104 pages au compteur. Le style ? Les enquêtes ? Chaque « livre » pensé comme un monde en soi ? La construction autour d’un axe qui est comme un pal s’enfonçant degré par degré dans le fondement conspi ? L’interaction inédite entre un grand auteur et les réseaux, ces bruissements de voix intégrés à un texte néo-joycien ? La somme hors-norme d’infos sur Ben Laden, Kadhafi, les Printemps arabes, Wernher von Braun, la DCRI ?… Un écrivain qui descend dans l’arène, mouille le maillot, endure Beurs et Beurettes, conte ses tribulations éditoriales, s’investit balzaciennement chez l’imprimeur ?…
     Zéro, rien. La beauté en soi n’intéresse pas nos chers petits sacs à merde. L’idée qu’ils se font d’elle ne va pas plus loin que leur rétro-narcissisme.
     Plus ils sont cultivés, moins ils pensent avec justesse aux œuvres qu’ils ont lues. C’est d’ailleurs pour ça qu’ils sont cultivés. L’œuvre lue est la référence qui les dispense du reste. Ce sont les hommes-sandwichs d’un patrimoine dont l’enseigne a plié boutique. Ils font le trottoir, dépourvus, prostituant leurs connaissances en échange d’un peu d’amitié. Grotesque.
     Ils visent Nabe car Nabe est la littérature et qu’ils la voulaient morte ou impossible et que ce cliché absolvait ces vieux élèves pris en flag’, poissés dans leur cafardise. On ne sait si la littérature les a dégoûtés du reste ou si le dégoût du réel les a conduits à la littérature, mais ils lisent – vous comprenez ? – ils savent… « Lecteur » c’est si proche d’« électeur »… Le vice du consulté, ramenant sa fraise à tout propos, intempestif.
     Voilà Nerciat ! Et tous les autres. On ne s’efface pas devant l’auteur, on l’efface. On impose ses petites observations, on « dialogue » à la fraîche, dans les marges d’abord, puis à bâtons rompus sur le crâne de l’artiste.
     C’est comme si d’un tableau ne comptait que le thème, la scène religieuse ou le paysage, mais pas la gamme chromatique, ni la facture, l’équilibre des masses, la vision et l’atmosphère propres… On aimerait les entendre dans la Sixtine, ces galeux, « nuancer » Botticelli : « Oh ! mais la Sephora qui épouse Moïse, c’est qu’elle n’est pas tout à fait décrite comme ça dans la Bible, mon bon monsieur ! J’ai même lu une étude très précise et sourcée de telle éminence qui affirme précisément le contraire ! Et qu’elle avait un sein deux fois plus petit que l’autre ! Pas bien ! Nul Botticelli, nul ! »
     On pense à Nabe, sur-dévoué à sa cause, décortiquant les lignes, notes, pigments des génies, en retrait, religieusement, pour les faire parler à travers son art ; puis à la pompeuse Myriam Hirèche, l’esprit difforme et noyé dans les brumes, parfaitement accordé aux accents bogdanoviens de son visage, qui sarcasme sur l’auteur des Porcs tout en prenant au sérieux la « généticienne » Henrion-Caude, son clone perfide, homéopatheux New Age ; on pense au gris grognon Pierre Mari, condamnant en cinq lignes de prétentieux scrupules ce dont il ignore tout ; on pense à « Ély Ivars », fielleux cancre postillonnant de soralisme ; et le décalage de noblesse, soudain, accuse le vertige, ouvre une brèche au fond des mers et les vide à jamais…
     C’est exactement comme ça que je nous ai vus, « Marty » et moi, sur notre barque : pris avec les autres dans un tourbillon d’eau bientôt évacuée de la vasque internautique.
     Le pire était prêt, presque ! Il allait faire encore un crochet par Kubrick, une des cibles des Porcs, avant d’aller droit au bouquet fécal…
     Bloqué par Facebook pour un post nabien bêtement illustré, Cormary, par compte tiers, a poursuivi le boulot. Il déviait petit à petit, se recalant dans sa nullité, tout de traviole, comme un crabe éthylique…
     Que d’ambiguïtés chez ce Pierre ! Parce qu’il aime Kubrick, « cinéaste du cerveau, de la hantise et de la mort à l’œuvre » (sic), il trousse des odes au paradoxe, l’histoire de sa vie en somme, pour contrer Nabe désossant ce réal’ adulescent. Il y aurait un temps pour la chouinerie et un autre pour Dionysos (suivez mon regard), un temps pour Lamartine et un autre pour Rimbaud, « la déprime » et « l’exaltation »…
     OK Big Boy, mais quel rapport ?…
     Fidèle à d’infantiles réflexes, Cormary plaque sa vie et ses névroses sur toute production, art ou pas, pour la psychologiser en miroir.
     À qui fera-t-il croire, par exemple, que son amour d’Eyes Wide Shut ne lui vient pas de ses soucis de quiquette, de sa « terreur du désir » comme il dit et qu’il partage avec Kubrick ? Le Gros est bien sûr hanté par ce qu’il redoute à priori, son hypothétique meuf qui s’enverrait un fringant baiseur ni complexé ni coupable. Tout Eyes Wide est le b-a.ba du bébé à peine sorti d’une chatte de plomb.
     Et la fronde des bande-mous repartait, les croasseurs croissaient… Nerciat était encore en tête sur son rafiot d’aigreur, précédant quelques galériens esclaves de leurs préjugés. On tournoyait de plus en plus vite, tous ensemble, dans ce bain en sursis dont le niveau descendait, descendait…
     Ce qu’ils pensent de Kubrick n’intéresse personne, mais pourquoi ils le pensent est capital. Pour eux, « le faux représenté comme tel » permettrait « d’accéder au vrai – et c’est la grandeur du cinéma de Kubrick de l’avoir montré mieux que personne ». Je pourrais trouver un million de fans de Houellebecq disant la même stupide chose… Tout droitard trouve grand celui qui apporte confirmation à son diagnostic facile (et subi) sur la société.
     Kubrick ferait donc faux volontairement, en propulsant « le mécanique dans le vivant (…) comme le Fellini du Casanova qui met aussi en scène l’automate sexuel en branle »… Tout va bien ? Ça n’était pas suffisant d’insulter Nabe, il fallait aussi souiller Fellini ! 2021, l’Odyssée des lavasses confondant fond et forme, maîtrise latine et ratage yankee, excellence et maladresse de bœuf aveugle et parkinsonien marchant sur des œufs dans un magasin de porcelaine…
     Dévouons-nous ! Pour ces petits élèves à bonnet d’âne, le corrigé de l’épreuve, ce qu’il aurait fallu répondre à cette merdoyeuse analogie. Un inédit de Vie Sublime :

     On y était. La forfaiture finale pointait enfin sa truffe. À trop tanguer, Cormary passait par-dessus bord pour rejoindre le sien, de bord : l’extrême-droitisme mou, la natio-beauferie des astres morts. Il entamait à toute blinde avec les autres sa ronde aquatique et verticale.
     Tout ça, bien sûr, c’était encore la faute aux Arabes. Et plus spécifiquement à Mohammed Merah, dont la négo avec les flics, stravinskiennement transposée en un acte de théâtre « irréparable », clôture le tome 2 des Porcs… De mémoire d’homme, on n’avait jamais vu un Blanc réprimer sa pulsion anti-islamo-terroriste sur plus de 950 pages… Record olympique ?
     Le Gros n’en pouvait plus ! Le jusqu’au-boutisme de Merah, sublimé par une mise en scène à tension montante, tout en aveux tranchants et percussifs, la solennité même de l’ensemble, par contrecoup, a fait ressortir toute son impureté française. À quelques mètres de l’arrivée, il s’est affalé de tout son gras sur la piste de sa rédemption…
     C’était foutu pour lui, mais Cormary se pavanait, opinant d’évidence : « Plutôt que d’allumer la mèche, Nabe la vend (…) ce texte est le plus islamophobe jamais écrit. » Et voilà comment trente cinq ans de taf pro-Arabe révolutionnaire ont été engloutis par la panse du poussah.
     Sumo mongolo ! Ça virait conte japonais, et il y avait de quoi cauchemarder en effet. En une kamikaze volte-face (un comble pour cet anti-terro), Cormary a pris à revers toute l’esthétique nabienne pour la faire mentir, aller dans le sens de ses impasses. Il a ruiné l’infinitésimal espoir qu’on avait placé sur sa tête, comme on dit aussi d’un contrat mafieux. On avait bel et bien envie de flinguer ces traîtres, les disserteurs déserteurs… Mais où sont donc passés les Yakuzas ?…
     In extremis, « Pierre Kostals » a débarqué. Ouf ! Le plus sage (ou le moins con) de la bande, qui avait déjà défendu Nabe et dont le geste figure en bonne place dans Les Porcs 2. Ouais ! Vas-y, « Kostals » ! Les fans de Montherlant sont les meilleurs ! Pirate ! À l’abordage ! Explique-leur bien la vie aux Cormary & co. !
     Hélas, c’était pitié… Lui aussi, avec le temps, s’était mis à professorer… Le tic docte… Il a suffi que je lui rétorque un commentaire parodiant le sien pour qu’il entame une conférence elle-même auto-parodique mais s’ignorant telle, tenue devant un parterre de réacs en goguette. Ils ne se voyaient toujours pas précipités à grande vitesse dans le siphon d’évacuation…
     « Kostals » faisait donc la leçon au cadavre de Merah sur « l’islam réel ». Il étalait sa science, tartinait en expert islamologue online, starfoullah ! invoquant savants et hadiths, Charles de Foucaud, Soulayman ben Mohamed, machin et machine… Quelle obscénité… Oui, c’était obscène de le voir prolixer, confortable dans son fauteuil, par blocs entiers de commentaires méprisants interminables, reprenant point par point tous les « péchés » anthumes d’un terroriste seul contre tous, passant à l’acte. Et quel acte !…
     Résumons : Merah est « une épave » et le négociateur arabe du RAID idem ; les écoles juridiques musulmanes sont formelles : nul croyant n’est autorisé à séjourner en territoire impie, encore moins à y envisager des mesures de rétorsion… Le « Vous apportez la guerre au Levant, nous la ramenons ici », devise politique clé ? « Kostals » s’en bat les côtes. Les musul’ ont le droit de combattre l’ingérence, mais seulement chez eux, tandis que les nations occidentales, elles, peuvent éradiquer les trois quarts de la planète sans qu’on puisse les atteindre au cœur… L’« islam traditionnel » le dit ! Sacré « Kostals »…
     Risible en vérité. On aurait voulu le voir, expliquer au rusé Merah ses deux ou trois théories filamenteuses, puis se faire souffler la cervelle. Un être accomplissant son destin ne passe pas une vie le cul posé sur une chaise de bibliothèque à peser le pour et le contre, couillon « Kostals » !
     Cet autre Pierre nous a fait soudain basculer dans le chapitre 17 de l’Ulysse de Joyce, où le lecteur s’enfonce progressivement dans un question-réponse entre Bloom et Dedalus absurdement précis et méticuleux, jusqu’à la rupture. Du « catéchisme mathématique », vertige d’hystérie discursive, dialogique… tout ce que Nerciat, Cormary et même « Carnif Low » tourné cosaque attendaient !
     En chœur et en cœurs, nos grands « érudits » ont liké cette plâtrée technique, le graal des tocards. C’était la furie du tout cérébral en branle. Ils retournaient à leurs cahiers d’écoliers, prenant bonne note, ils avaient envie d’être les fameux « assis » haïs par le Poète, choisissant la logorrhée plutôt que l’action pure qui sue et saigne.
     Eux aussi d’ailleurs seraient à mettre en pièce de théâtre : « Kostals » en bruit de fond volubilerait comme un maniaque d’un bout à l’autre des cinq actes, tandis que se jouerait le drame du Gros Lard, Falstaff perpétuellement malmené par Nerciat, le Iago persifleur du pauvre.
     Cormary, on l’aura compris, est un genre de bidet pour potes : tout le monde s’en sert pour se laver le cul, lui faire gober éclat de merde sur éclat de merde…
     En pleine régalade, ce raciste notoire renchérissait « Kostals ». On aurait dit une femme soumise, empressée de valider en public les vues de son homme, qui la regarde avec une condescendance attendrie… Le traumatisé de cour de récré, ému, sentimental, cèderait sa mère à ces prétentieux ballonnés d’orgueil qui lui servent de modèles. Trop insecure, Big Boy s’accroche à ces faux inébranlables.
     C’était l’heure de quitter le théâtre des opérations. L’hélico Nabe’s News a surgi pour nous extirper de la tourmente, « Marty » et moi. Ouf bis ! À ça de finir à l’égout… On ne nous jettera pas avec l’eau du bain et les nostalgiques bébés du web.
     Cormary n’aura donc pas évité l’issue fatale. Sur le point d’être repêché, il a plutôt failli faire chavirer notre embarcation… Il était trop lourd encore, à l’intérieur… Il aura beau m’écrire par la suite en privé, en public, me suivre sur Twitter, se ridiculiser avec son texte de blog qu’on lui avait conseillé de publier ailleurs, jamais plus je n’interviendrai sur son mur où sont fixées comme à un croc de boucher toutes les viandes avariées du vieux monde.
     Guerre au Gros ! comme la pêche du même nom… Il se croyait fasciste, il n’est qu’un débatteur, un démocrate ; il voulait l’absolu ? le relativisme a pouffé de rire.
     Quoi de pire que de dire une chose parfaitement juste et une autre, tout de suite après, totalement fausse ? Big Boy subit cette loi depuis la naissance. Son conflit psychique, il l’a vécu en live sur Facebook : ses « amis » droitiers vs. ses ennemis pleins de droiture ; son amour pour Nabe vs. sa haine de l’Arabe. Et à la fin, il jette l’éponge comme son âme, à la poubelle.
     Protestante, la poubelle ! Car monsieur, ébranlé par la conversion de Nabe, a bien sûr suivi le mouvement… Il a décrété dans son coin, comme un gosse pourtant incapable de se nourrir convenablement (manger n’est pas prier, chien !) qu’il avait la foi et qu’elle suffisait à assurer son salut dont même Dieu a fini par se foutre. Non, il n’a rien d’un protestant, catho il demeure ! Cormary, c’est l’irrachetable qui se noie dans le tabernacle qu’il a vidé de ses hosties, pour se les carrer au fond du bide, en boulimique de la repentance maso qu’il est.
     Big Boy devrait se demander si Luther eût accepté de fréquenter comme il le fait des ratiocineurs épris de scolastique, sectateurs du faux et dévots du laid, apologètes du monstre Bachar al-Assad, circonlocutant d’oiseuses paroles, distribuant bons points et gommettes réacs comme au marché des indulgences séniles ?…
     Leur connaissance répond à une faiblesse. Elle est leur bouclier pas divin du tout, qui les exonère de toute prise de risque intellectuelle, qui au contraire d’Abraham les tranquillise dans leurs idées toutes faites, d’une Israël dont ils tiennent les murs au lieu de la détruire, pour la rebâtir autrement… Pas plus décadent vermoulu que cet essaim de Des Esseintes.
     Depuis les airs, on les voyait parlementer encore, les « Nerciat », « Labeuche », « Rivron », « Soror », « Wattiaux », « Kostals »… Ils ajoutaient bulle sur bulle à l’effervescence tourbillonnante, avant de disparaître tout à fait.
     Cormary était le dernier. Il tournait à toute allure, régurgitant son soûl, Vomito à vau-l’eau. Le dégueulis sortait de la ronde infernale, repeignait le monde alentours… L’imbécile n’allait pas tarder à passer à la trappe lui aussi… Encore un tour, puis deux… Puis le silence.
     Le silence ? Un chuintement aigu et bref, comme une aspiration subitement avortée… Non ! Le Gros venait de boucher la bonde. Son bide bavait hors du trou, comme un excédent de pâte dans un gaufrier… Bloqué.
     Alors il s’est dégagé, péniblement, il a rampé de longs mois, jusqu’à atteindre une sorte de côte. La Pénitence son île l’attendait. Chaque jour désormais il écrirait sur le sable : « Je ne suis plus d’extrême-droite », faisant éternuer les nuages. Ses fantômes d’amis continuaient à le tourmenter. Ils le rabaissaient en relai, furieux des saillies anti-conspis du Gros…
     Avec le temps, Cormary a compris. Il a poussé son « coup de gueule » contre les siens sur Causeur et la moitié de Facebook s’est mis à l’exécrer. Une bonne pub, en somme. Le complotisme « guerre interne à la droite » et « nouvel axe du mal », disait-il. Et du moment qu’on vulgarise, sans en nommer la source, les analyses des Porcs, les clics pleuvent, abreuvant le naufragé… C’était un peu gros, même pour Cormary ! De mauvaise grâce, notre petite vedette a lâché en toute fin d’article le nom de Nabe et c’était marre.
     Big Boy est seul sur son île désormais. Parviendra-t-il à devenir un homme ? Dieu lui-même l’ignore. C’est une transmigration d’âme qu’il lui faudrait, à ce cachalot robinsonnant… Il reviendra neuf, trempé dans le feu. Ou ne reviendra plus.

Vie Sublime