samedi 11 septembre 2021
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Actualités brûlantes et nouvelles fraîches de Marc-Édouard Nabe

L’Incorrect
Obregon, sombre con

C’était donc pour laisser à un sombre con nommé Marc Obregon le loisir de « descendre » Les Porcs 2 de Nabe dans L’Incorrect que Gabriel Robin, pourtant l’un des piliers de ce deuxième torchon de droite, a dû faire son papier dans Causeur. On connaît l’inimitié anti-Nabe continue depuis des années de L’Incorrect, faux magazine de rébellion antisystème, mené par Jacques de Guillebon, ce ridicule « intello » chevelu qui traîne devant les portes du Panthéon comme devant le vagin de Marion Maréchal, et qui se croit lucide alors que c’est un beubeu anti-bobos, bientôt quinquagénaire, activiste de la droite la plus rance qui soit.
     Voilà cet Obregon qui se permet d’attaquer le physique de Nabe alors que lui souffre à l’évidence d’être un hybride, entre la vieille petite fille ridée colifichée d’un catogan de bêta breton à pull avec boutons sur le côté (et quelques-uns encore sur sa gueule d’éternellement coincé à l’état d’ado), et la grassouillette trans’ molle et opérée des ovaires de la tête. Et c’est ÇA qui, ayant pondu douloureusement pour son cucul de poupoule mouillée deux trois petits volumes confidentiels ineptes, se sert du nouveau livre monumental (pléonasme) de Nabe pour faire croire que lui aussi écrit ?…
     Tout y est dans les pseudos-formules choc gorgées d’allitération et de sous-sous bloyisme avec mots rares et pensée creuse. Obregon, qui tombe dans tous les panneaux a du mal à ne pas concéder aux Porcs quelques qualités au détour des phrases aigries de son pauvre article. Il fait partie des abrutis qui voient dans l’œuvre de Nabe une « chronique mondaine », une inutile sublimation de l’inintéressant, et bien sûr qui reprochent à MEN son ego et tutti quanti.      Hélas ! Ce n’est pas sa « cible » qui est boursouflée d’orgueil blessant, de vanité endolorie et de prétention incurable, c’est lui, Marc Obregon, et ça crève les yeux de cet Oedipe nabien au petit pied et aux petites couilles car incapable de baiser sa mère (et de la faire jouir)…
     On n’oublie pas non plus qu’Obregon, après avoir fait l’éloge de Frédéric Pajak, ancien ami retourné qu’on a retrouvé dans Patience 3, et un entretien avec la maigre baleine bête Elisabeth Bart, a été publié et soutenu par un beau petit fumier d’hypocrisie, Maximilien Friche ! Lui, c’est la totale dans le genre ex-fan qui croyait Nabe de droite et qui n’en finit pas de pousser, de blog en blog, en balayant sa mèche d’hitlerounet et ses petites lunettes de brasillachoïde, tout un tas de ratés à la Obregon à se fantasmouiller un instant écrivain de quelque chose pour les envoyer en torpille contre son ancien admiré, MEN, le fameux auteur du si mal compris Au régal des vermines
     Mais Friche, vexé par le silence par lequel Nabe avait répondu à ses plus ou moins grossiers draguages, n’a pas qu’Obregon comme marionnette à son actif. Il y a aussi un autre nullard breton également, fonctionnaire de la profitude, Valéry Mollet, tout fier de ses merdes lui aussi et à qui Friche a fait écrire un infect « L’homme qui aurait aimé valoir 3 milliards ».
     Friche est un agent de contre-propagande anti-nabienne, sachez-le et ne lui laissez rien passer ! Même quand il interroge un peintre, par exemple, qui s’intéresse à l’artiste Nabe, on voit que ça l’énerve, Friche, et qu’il n’y comprend rien. Un certain Gérald Angelvin en a fait l’expérience dans la quatrième partie (excellente) de son interview par Friche en novembre 2020.
     Ah, ce petit cheptel de petits droitards qui ne se contentent pas de souffrir en silence d’un déficit littéraire évident, mais qui l’expriment, et de la plus mauvaise manière en s’attaquant au seul aujourd’hui qui en déborde, en dégorge, en déluge, de littérature !

Si vraiment vous voulez lire la suite :

À force de cracher dans la soupe Nabe s’est dissous dans son propre potage, il ne reste de lui qu’un rictus, de sa littérature peut-être que le Régal des Vermines – sans doute son unique livre authentique et qui ne s’inscrive pas dans une poussive et maléfique posture d’artiste-girouette, d’impétrant à double-fond. Les Porcs 2 ménage certes quelques beaux instants, quelques anecdotes drolatiques, mais c’est peu pour quelqu’un qui se rêve dans la continuité de Céline, c’est peu pour quelqu’un qui voudrait laisser un héritage littéraire un peu plus conséquent qu’une compilation de ragots ramassés dans les coursives d’Égalité & Réconciliation. Avec ce dernier opus foutraque on est dans la chronique mondaine, dans l’égo-trip en pilotage automatique. « Je n’ai pas d’égo », se défend Nabe, c’est peut-être justement le problème : comme tous les gosses pas finis, congelés dans leur adolescence, il confond égo et œuvre, verbe et verbiage, « je » et entre-soi.

Ni réac, ni punk, ni rien

C’est toute la tragédie des écrivains qui n’ont rien à dire, qui n’ont pour eux que leurs silhouettes moches, que leurs bouquets de postillons, que le rimmel de leur style qui dégouline à grands traits sur leurs gros journaux pas intimes de grapho-boursouflés. Nabe n’est pas un réactionnaire, ni même un conservateur, et encore moins le punk encravaté qu’il a voulu nous vendre sur les plateaux de télévision. C’est un égo souffrant de la taille d’une planète inséré dans un corps de flageolet, avec toutes les irritations que l’opération peut entraîner. On peut tous les jours contempler l’étendue du dégât : omniprésent et hyperactif sur les réseaux sociaux comme sur son propre site, il classe patiemment toutes les miettes de citation et d’occurrences que sa petite personne peut laisser dans les médias, il relève, il souligne, il biffe et consigne le moindre tweet qui signale son nom. Triste fonctionnaire de lui-même, pathétique archiviste de ses propres traces de frein, enlisé complaisant dans la vacharde terre suisse. Nabe l’auto-immolé, l’auto-panthéonisé, dont tout le génie semble s’être échappé par une faille béante, nous tend ces monuments éventés où il vomit cycliquement sa glossolalie inepte – et il voudrait qu’on appelle ça des livres.

Marc Obregon, non mais allô, quoi !

Maximilien Friche, le pote d’Obregon,

de Valéry Mollet,

et de Gérald Angelvin :

Il est amusant et très passionnant pour un artiste de travailler un thème ou un sujet, de l’orner, le décliner à l’infini, comme le ferait un jazzman, en jouant sur la couleur, la matière, l’accentuation, dans un cadre déterminé pour tenter d’en tirer le meilleur. Vous retrouvez cela en musique par exemple chez Beethoven dans l’arietta de l’opus 111, chez Mozart K. 265/300e et chez tant d’autres compositeurs. Mozart aurait adoré Art Tatum. L’idée de l’improvisation jazzistique est aussi présente dans l’œuvre d’un Nabe

MF : Marc Edouard Nabe, le grand fan de jazz… Vous retrouvez l’idée d’improvisation dans sa peinture ou dans sa littérature ?

GE : Je ne connais pas bien sa peinture mais j’aime le verbe incarné de Nabe. Au-delà de ses idées. C’est un artiste pur, généreux, imprudent, vivant, qui de surcroit parle sa littérature, à la façon d’un chorus de Thelonious Monk, d’Art Tatum ou de Miles Davis selon le sujet. Ou même de Cecil Taylor quand il est énervé ! J’aime sa vitalité enjouée et sa fougue verbale, son torrent lyrique plein d’humour tragique. J’aime cette littérature jubilatoire, elle excite ma créativité. Mais sans doute ai-je un usage utilitaire de la littérature…

MF : Nabe ! On ne cesse de parler de lui en creux, en périphrase. Lui-même se définissait chez Pivot à l’époque comme « l’homme que vous haïriez aimer. » Valéry Molet récemment le qualifiait de « l’homme qui aurait aimé valoir 3 milliards. » C’est un peu comme si on était passé de la promesse d’un génie à la nostalgie de l’homme qui n’arrêta d’écrire et qui s’est rendu lui-même inaudible en se perdant dans les méandres de la pensée politique et militante. Ses prises de position récentes ne l’ont-elles pas à vos yeux à jamais discrédité ?

GE : Je me moque bien de ses prises de position. A vrai dire, elles ne m’ont jamais intéressé. C’est hors sujet… le langage d’un artiste véritable est digne d’intérêt même dans l’errance idéologique. On reproche peu à Aragon son ode au Guépéou, et pourtant même du point de vue littéraire c’est très moyen ! C’est même d’abord la médiocrité littéraire de ce texte qu’on devrait lui reprocher ! Vous savez, en peinture, certains portraits de salauds sont de véritables chefs d’œuvre. Car le propos, le sujet, n’est souvent que l’instrument de œuvre, le prétexte de l’œuvre, son point de départ, sa piste d’envol. C’est la grille d’accords de l’improvisation jazzistique. Je crois bien que l’art est presque tout entier dans l’exécution, assez peu dans le choix du sujet en somme.

La mémoire longue (entretien avec G. Engelvin) 4
Par Gérald Engelvin
Propos recueillis par Maximilien Friche
15 novembre 2020 20:00