samedi 11 septembre 2021
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Actualités brûlantes et nouvelles fraîches de Marc-Édouard Nabe

Montrez vos gueules, les réseaux sociaux !

Les réseaux sociaux c’est comme le jugement de Dieu, sauf que c’est le jugement de personne. Et voilà pourquoi il faut en finir avec cette omnipotence de l’insignifiance, de la nullité et de l’arrogance, qui a pris la forme d’une divinité 2.0 typique XXIe siècle. Ceux qui se complaisent dans les posts et commentaires Twitter, Facebook, Instagram, Youtube ont formé, l’air de rien, en quelques années, une religion de la liberté d’expression mon cul à cause de la déficience bien connue des médias. D’ailleurs, ça se vérifie dans la soumission totale à laquelle ces mêmes médias se croient obligés de se plier vis-à-vis de ces « réseaux sociaux ». On voit bien, en effet, je répète, que c’est une religion puisque ses plus zélés fidèles se trouvent parmi les pontes de la médiatisation à l’ancienne qui viennent régulièrement prier dans chaque chapelle internautique pour se racheter par un salut visqueux d’on ne sait quelle faute. Si, d’ailleurs, on les connaît ces fautes : l’information tronquée, hiérarchisée, choisie dans l’axe bien-pensant de toute une société minée par son propre pouvoir qui ne pouvait que donner, par réaction, les réseaux sociaux qui ont poussé, on l’a déjà dit, la démocratie jusqu’à son comble d’horreur.
     Le plus fort, c’est que ces blablateurs du néant, qui croient avoir quelque chose à dire de mieux que les médias officiels, sont en état d’auto-esclavagisme : une sorte de traite négrière sur eux-mêmes où ils s’envoient tous et volontairement sur des galères chaque jour, à chaque fois qu’ils prennent la parole.
     Le grand avantage des réseaux sociaux, comme Céline le disait du communisme qui avait démasqué l’Homme (voir Mea Culpa), c’est que les réseaux permettent de révéler la trogne profonde de tout individu. En une demi-phrase, on voit l’abyssale connerie, on voit l’absence totale de connaissance, et bien sûr la moutonnerie « communiste », si on veut, de tous suivre le même mouvement d’une non-pensée religieusement assénée à coups de truismes ou de pseudo-méchanceté. Aussi bien sur les médias, donc, qui ne peuvent plus rien penser, ou plutôt faire semblant de penser, sur quoi que ce soit sans s’en référer aux réseaux sociaux —­ dont ils ont peur, je le répète encore, comme d’un Dieu vengeur –, que sur les individus isolés, ces versets spontanés de cette nouvelle Bible d’un Enfer in progress font des ravages.
     Le propre du twittos, c’est de n’avoir rien à dire et de le dire d’une façon sibylline qui se rapporte tout de suite à soi. Après être immédiatement sorti du sujet qu’il est censé aborder, le « message » du réseauteur social sombre dans la bêtise la plus dangereuse. On a dit que ce qui serait la meilleure solution à ce vrai problème, ce serait de lever le pseudonymat et d’obliger chaque connard à donner son vrai nom pour qu’il sorte du bois de la lâcheté et montre au grand jour sa fatuité et son ineptie. Mais ça ne suffit pas ! Ce qu’il faudrait, c’est aussi qu’on voie sa gueule ! Qu’il y ait la photo et la date de naissance, ainsi que son métier, un petit CV, pédigrée, succinct mais significatif, pour comprendre de quel étage de l’humanité le type ose parler. La gueule en grand en dirait beaucoup plus que d’avoir le simple nom et l’adresse. L’IP, la belle affaire ! Regardez Mila, soutenue par toute une civilisation, n’a réussi qu’à choper 13 de ses harceleurs qui, traînés en justice, se sont pris chacun 4 mois de prison avec sursis et 2500 euros d’amende alors qu’ils étaient des milliers à la faire chier, à juste ou à mauvais titre, là n’est pas la question. La question, c’est pourquoi la bourgeoisie arriérée de la société qui est complètement larguée par ces réseaux sociaux estime que c’est une « victoire ». Quelle victoire ? Autour de Mila aussi, tous sont si perméables au « contenu » (il faut le dire vite) des messages qu’ils n’y voient, en tant qu’islamophobes, que du fanatisme musulman, mais c’est avant tout du fanatisme d’Internet en soi. C’est le principe même de la messagerie facebooko-tweetienne qui est à condamner, pas l’idéologie variable qu’elle emprunte dans tel ou tel cas.
     Je mettrais même la photo des parents, moi ! Et qu’on ne me parle pas de « délation », car avec mon système, la délation retournerait justement la délation au délateur. Dénoncer une ordure qui dénonce les autres sans se montrer, ce n’est pas de la délation.
     Autre exemple de femme broyée par les réseaux sociaux : la miss Provence, April Benayoun qui, avant même que le vote final de l’élection de miss France 2020 ne se soit décidé, a reçu un flot gigantesque d’insultes après la diffusion à la télé d’un petit reportage où elle disait bien imprudemment que son père était d’origine italienne et israélienne. Les spectateurs avaient tout à fait le droit d’attaquer Israël — cet État détestable — bien sûr, mais pour de bonnes raisons, en évoquant au passage pourquoi pas l’innocence et l’inculture politique manifeste d’April sur le « pays » que son papa et ses aïeuls occupent depuis 1948, mais non, c’était pas ça ! Et le plus grave, c’est que ces tweets en masse touillant un antisémitisme qui a vite tourné à l’antimissisme ont à l’évidence influencé le vote, car je suis persuadé, et il faudrait vraiment avoir de la merde de soldat de Tsahal voyant arriver sur lui un groupe de combattants du Hezbollah en 2006 au Sud-Liban dans les yeux pour prétendre le contraire, qu’April Benayoun, magnifique comme souvent les Israéliennes (militaires ou pas), était évidemment appelée à triompher ! Quelle différence de niveau de beauté avec sa concurrente et copine miss Normandie, qui finalement a remporté la couronne ! Ce sont des petits cons et des petites connes, surtout, d’ailleurs, qui roulent à 4 ou 8 abonnés, qui ont réussi, en terrorisant les jurés par leur déferlante pour le coup très à l’israélienne, genre opération « Plomb Durci » ou » « Gardien des murailles » (là, ce serait plutôt « Sus au sublime »), à faire capoter la victoire de cette très très belle Juive au sommet de la sélection des miss France. Ça aurait été une des plus belles depuis Valérie Bègue en 2010, mais non !
     Ce n’est pas à cause de sa judéité ou de son israélisme que les twittos-cassos se sont déchainés contre April Benayoun. C’est parce qu’elle était la plus belle, évidemment ! C’est là que j’aurais aimé voir les photos de ceux qui l’ont fait perdre, ou plutôt celles, car ma bite à couper qu’il s’agissait des plus gros thons, boudins et cageots, pour la plupart beurs évidemment, qu’on ait vu traîner depuis longtemps sur les réseaux qui se sont groupés lâchement en troupeau de truies gavées de makrouts et de McDo (c’est pareil), parfois voilés deux fois, par leur nikab et par leur anonymat, pour cracher de leurs groins de femmes laides sur cette splendeur. Même les islamophobes médiatisés à la Élisabeth Levy ou à la Jean Messiha qui ont reniflé le pot aux roses, c’est-à-dire que la plupart des attaqueurs d’April étaient de « vilains » arabes (mais dans leurs bouches horribles, pas au sens « vilain », contraire de beau ), ont occulté la vraie raison. Pas un mot sur la beauté de la miss alors que c’était ça le scandale, pas qu’elle ait subi des assauts antisémites de la part de pseudos-antisionistes, mais qu’elle n’ait pas gagné contre la pimbêche à camembert tout à fait quelconque qui lui faisait face.
     Qu’on se le dise ! La jalousie entre femmes est pire que l’antisémitisme, et c’est ça qu’on ne veut pas voir. La vraie censure, elle est toujours sur la beauté, pas sur les « origines ». Et cette affaire de miss France n’en est qu’un exemple… Il y en aura d’autres !

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