samedi 11 septembre 2021
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Actualités brûlantes et nouvelles fraîches de Marc-Édouard Nabe

Que sont mes amours devenues ? 1) Delphine Volange

Non seulement ce n’est pas brillant, mais ce n’est pas joli joli. Pourtant elle l’était, jolie, à défaut d’avoir jamais été brillante. De 1998 à 2000, elle fut la maitresse très affichée, et il y avait de quoi car elle en jetait, la Delphine, de Marc-Édouard Nabe, dans le Paris de la fin du siècle dernier… Ah, Delphine, qui ne s’appelait pas encore Volange mais pour laquelle MEN avait trouvé un pseudonyme adéquat : Delphine Dauphin… Les lecteurs du roman épuisé (400 e les derniers exemplaires, désolé…) Alain Zannini (2002) ne peuvent pas avoir oublié ce personnage magnifique, fantasque, absurde, et très attirante sexuellement, qui parcourt les pages patmossiennes du récit de Nabe dans l’île grecque. Nous vous republions quelques passages dont Delphine est l’héroïne ici…
     C’est plus de dix ans après que Nabe l’a quittée que Delphine commença à un peu, un tout petit peu, exister en tant que chanteuse, son grand fantasme. Encore une loseuse ! Après Audrey Vernon dans le monde du one woman show, voici Delphine Volange dans celui de la chanson romantico-ésotérique-pop… Dur dur d’être une star en sortant de Nabe alors qu’on en était déjà une et pour toujours dans ses livres écrits ou à venir… Mais ce n’est pas grave, bien entendu ! Elles ont tout à fait le droit d’être des ratées et de s’être débarrassées de la pression « terrible et magique » (dixit Vernon in Teknikart) qu’exerçait sur elle le monstrueux auteur de Kamikaze… Non, le problème avec Delphine, comme d’ailleurs avec Audrey (deux bourgeoises au passage), c’est qu’elles n’avaient pas le droit de devenir « politiquement » si bêtes en vieillissant. Maintenant que c’est public, on peut en rendre compte : Delphine Volange est une conspi, comme les autres ! Elle a même fait sa première apparition réelle télévisée, sur la chaine France Soir, dans une interview menée par l’une des pires crapules complotistes médiatiques du jour, et qui vient jusqu’en Suisse étaler sa fakenewserie : Richard Boutry.

     Par ailleurs, sur son blog « la raison des roses » (n’importe quoi !), la Volange étale ses tartines d’écriture, car mademoiselle s’est senti pousser des ailes « littéraires » depuis que Nabe a mis fin à leur liaison dangereuse le jour de ses 30 ans, à elle. Il faut lire cette prose amphigourique pseudo-mystique, totalement hérétique et pourtant encore très, trop catholique, dont l’inanité et le manque de substance à la fois littéraire et religieuse ne parviennent pas à contenir dans leur débordement une sentimentalité guimauvienne à hurler au mauvais goût. « Je suis Delphine Volange » (faux déjà)… Ces horreurs risibles sont louées évidemment par une poignée de veuves et de damoiseaux s’onanisant en extase après lecture…
     Mais attendez, Delphine ne se contente pas d’écrire ses textes ! Elle les lit de sa petite voix que Nabe a si bien analysée dans son roman, à la fois doucereuse et très violente finalement. Violence qu’on retrouve dans la mouvance complotiste qu’elle a complètement épousée à défaut de s’être mariée à l’époque avec qui vous savez. Tout y est : les Gilets Jaunes, Jérôme Rodriguez, l’attaque au soi-disant « dictateur » Macron qui empêche les libertés publiques, Samuel Paty, les médecins avec leurs sales vaccins et leur pass sanitaire obligatoire, etc., etc.
     Honte à toi Delphine, tu pouvais très bien ne plus être nabienne sans tomber aussi bas (quoique…) ! Gardons pour finir le souvenir lumineux de cette belle grande fille brune à l’époque complètement folle qui est devenue une vieille fée aux cheveux blancs blonds complètement conne…

Delphine “Volange” dans Alain Zannini (2002) :